Brexit, Trump, Quoi d’autre?

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Bien que 2016 fût une année où les marchés financiers ont connu beaucoup d’animation, tant au niveau des actions, des obligations, des devises ainsi que dans toutes les autres classes d’actifs qui pourraient vous passer par la tête, l’année 2016 a surtout été marquée par l’élection présidentielle américaine et le Brexit.

Brexit

Au 24 juin 2016, le peuple anglais a appris que 52% de ses concitoyens ne voulaient plus faire partie de l’Union Européenne. La nouvelle a secoué les marchés financiers et a fait décrocher la livre sterling. Après un court mouvement baissier, les marchés financiers ont rapidement repris de la vigueur. La livre n’a pas connu le même rebond. En date de janvier 2017, la livre est toujours en baisse de 18% contre le dollar US par rapport à sa valeur pré-Brexit. Le fait que le marché boursier britannique soit en hausse de 18% tamise complètement cette déroute. Il est difficile d’entrevoir comment les négociations formelles du retrait de l’Union impacteront le futur. Une chose est certaine cependant, l’Union Européenne est considérablement déficiente et plusieurs pays membres sont en rogne, considérant eux aussi de se retirer …

L’élection américaine

Pendant que tous les sondages plaçaient Hillary Clinton victorieuse à l’élection présidentielle, il y avait une croyance presqu’universelle qu’une victoire de Trump, bien qu’improbable alors, se traduirait en un véritable désastre pour les marchés financiers.

Qu’est-il donc arrivé? Primo, Clinton a perdu ses élections et, secundo, les marchés ont connu leur meilleure semaine depuis 2014 et ont même poursuivi leur ascension pendant tout le mois de décembre. Allez comprendre! Comme vous pouvez voir, les marchés ne réagissent pas toujours selon les attentes du consensus et il est parfois difficile d’expliquer ces mouvements avec la logique conventionnelle.

Nous savons très bien qu’il est difficile de rester neutre face à la nomination de Donald Trump. Bien que nous ayons des opinions fortes quand à cette nouvelle administration, nous vous épargnerons notre point de vue pour l’instant et nous nous limiterons aux implications financières pour les investisseurs.

Le marché des actions s’est élancé en forte hausse en anticipation de promesses de changements de politiques faites par le président élu : un agenda économiquement favorable combiné à une réduction des taux d’impôts personnels et corporatifs, un assouplissement de la règlementation environnementale et corporative et une hausse des dépenses en infrastructure. Bien que ce soit un secret de polichinelle que les promesses électorales sont faites pour être rompues, certaines d’entre elles se matérialiseront et auront un impact positif sur l’Amérique corporative.

Bien que plusieurs canadiens aient de sérieuses réserves quant à la venue de Trump pour plusieurs raisons, tant qu’il ne s’acharne pas trop sur le commerce international, l’agenda républicain devrait favoriser les marchés des capitaux comparativement aux huit dernières années de gouvernement démocrate.

Les taux d’intérêts

Nous croyons que les affaires corporatives s’amélioreront et que les profits des entreprises seront en hausse grâce aux politiques pro-affaires d’une administration Trump. Cependant, bien que la capacité de générer des profits soit améliorée à long terme, les prix des actions demeureront sensibles aux fluctuations des taux d’intérêts. Comme le marché obligataire semble nous le démontrer, les taux d’intérêts à long terme paraissent avoir atteint un plancher en 2016. Nous ne prévoyons pas de hausse dramatique des taux d’intérêts à court terme mais nous sommes d’avis qu’une remontée à des niveaux qui sont considérés plus normaux serait un scénario probable. Les hausses des taux d’intérêts viennent éventuellement à freiner l’activité économique et génèrent un vent de face qui affecte à la baisse le marché des actions. Malheureusement, il est très difficile de réussir à profiter d’un tel évènement de marché et de bien synchroniser notre portefeuille aux mouvements à venir. D’ailleurs, les taux ont été anormalement bas pendant un si long moment que de redéfinir le niveau d’équilibre des taux devient un défi de taille.

Les marchés en perspectives

Dans notre travail de gestionnaire de portefeuille, il est important de bien conseiller les investisseurs et de leur présenter une perspective intelligente qui permet de garder le cap sur l’objectif à atteindre en période de volatilité accrue. Bien qu’on ne puisse pas entrevoir les mauvaises périodes à l’avance, on peut avancer avec quasi-certitude qu’une d’entre elle va se pointer éventuellement. Comme c’est malheureusement trop souvent le cas, les investisseurs peuvent se laisser influencer par le vent de panique qui souffle lorsque les marchés sont en baisse et qui est alimenté par les journaux, les reportages télévisés et les médias sociaux.

Tous les reculs boursiers majeurs qui sont survenus au cours de l’histoire de la finance ont été précédés par une période folle de spéculation euphorique, suivi par un mélange de nouvelles suggérant une incertitude économique, de changements de politiques, de tensions géopolitiques et d’autres sources de consternation. Tous les épisodes de baisses de marchés sont marqués par des circonstances différentes mais dont le canevas démontre une similitude au niveau structurel. Essentiellement on peut y lire la même conclusion : les circonstances économiques moins favorables à court terme ne justifient plus le prix reflété par les marchés boursiers.

Au milieu de tout cela, on peut déceler une constante qui se réplique à travers le temps : les actions chutent un bon coup et, par la suite, il se développe une période de hausse considérable qui éclipse le recul passé. C’est pour cette raison qu’on voit toujours de nouveaux sommets dans les indices boursiers suivis par les investisseurs. Ce phénomène est relativement simple. Bien qu’à court terme, ce sont les lois de l’offre et de la demande des investisseurs qui dictent le prix des titres, à long terme, il s’agit de la capacité des entreprises à générer des profits qui détermine la valeur des investissements. Donc, lorsque l’on combine l’ingéniosité humaine avec le désir d’un futur meilleur, on réussit à développer des nouvelles technologies et des meilleurs procédés pour produire des biens et rendre des services plus efficacement, à meilleur marché et de manière accessible. Le niveau de vie s’en voit amélioré, les compagnies font plus de profits et, de par le fait même, le prix des actions monte.

Voici une citation toujours d’actualité de Warren Buffett. Il a écrit ceci dans les moments les plus sombres de la crise financière de 2008-09: « Au cours du 20e siècle, les États-Unis ont été éprouvés par 2 grandes guerres mondiales, et un nombre d’autres traumatismes militaires coûteux et éprouvants. Il y a eu la grande dépression, environ une douzaine de récessions et des paniques financières, des chocs pétroliers, des épidémies et la démission d’un président disgracié. Et pourtant, le Dow Jones est passé de 66 à 11497… »

Puisque nous sommes en janvier 2017, nous pouvons mettre à jour la dernière phrase de cette citation: « Et pourtant, le Dow Jones est passé de 66 à 19950…» On peut dire, pour conclure, que oui, il y aura de la volatilité et oui, les marchés peuvent être affolants par moments. Par contre, avec une approche patiente et disciplinée, le temps est notre allié en investissement. À la fin, c’est un outil qui est lucratif et entraînant.

En vous souhaitant une belle et bonne nouvelle année remplie de prospérité.

L’équipe Claret

PS. Quelques aide-mémoire:

  • Les droits CÉLI pour l’année 2017 sont de 5,500$ ;
  • Le montant maximum pour la contribution REÉR pour l’année 2016 était de 25,370$. Vous avez jusqu’au 1er mars pour y contribuer ;
  • Le montant maximum pour une contribution REÉR pour l’année 2017 est de 26,010$.