Citations qui portent à réflexion pour lecture de fin d’année

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Citations qui portent à réflexion pour lecture de fin d’année

Alors que nous rédigeons cette 4e lettre trimestrielle, nous sommes enthousiasmés de la chance d’avoir pu profiter de l’excellente performance de 2014, et ce, spécialement après l’élan canon que nous avons savouré en 2013. Ce serait agréable si le proverbe « jamais deux sans trois» pouvait s’appliquer pour l’année 2015.

Comme c’est l’habitude, le marché continue d’escalader un mur d’inquiétudes. Fort d’une augmentation de prix de 11.39% (+17.6% en dollars canadiens), c’est le marché américain qui a mené la marche. Le marché canadien a emboîté le pas avec une augmentation de valeur de 7.42%. La chute des prix du pétrole en fin d’exercice a plombé le TSX, reconnu pour sa lourde exposition en titres pétroliers. L’Europe, dont l’économie a été freinée par des mesures d’austérité, a traîné de la patte. Sans l’application de réformes structurelles, l’économie européenne risque de piétiner au cours des prochaines années. Nous voudrions toutefois souligner que cela n’implique aucunement que les marchés boursiers du Vieux Continent vont nécessairement connaître le même sort.

Ici, chez Claret, nous continuons à nous appliquer et à suivre notre philosophie de placement. Notre méthodologie consiste à sélectionner des titres un à un en se basant sur l’analyse fondamentale. En concentrant nos énergies sur ce que nous contrôlons bien, soit l’analyse de la firme, nous pouvons faire fi des conditions temporaires de marché qui nous sont impossibles à contrôler. Cette marche à suivre fût profitable en 2013 et en 2014 et, avec un peu de chance, elle le sera aussi en 2015 et après.

Voici quelques observations qui peuvent aider les investisseurs à avoir une meilleure perspective sur l’année à venir :

Caveat emptor (acheteurs, prenez garde) : Il y a les mensonges, les sales mensonges et puis il y a les statistiques.

  1. Voici des statistiques basées sur les rendements annuels, libellés en dollars US, qui s’échelonnent sur une période débutant en décembre 1876 et se terminant en décembre 2013.
    • Il y a eu 33 périodes de six ans où les rendements composés annuels ont été supérieurs à 15% dans l’histoire. Lorsqu’on analyse les rendements de l’année subséquente, on remarque que les performances ont varié entre -24.9% et +52.62%.
    • On peut aussi compter 14 périodes de 6 années où les rendements composés annuels ont été supérieurs à 15% combiné et dont cette période de 6 ans a été suivie d’une année où les taux d’intérêts étaient à la hausse. Les rendements de l’année qui a suivi ces périodes se situent entre -24.9% et 43.61%.
    • On peut aussi trouver vingt périodes de 3 ans où les rendements composés annuels ont été supérieurs à 20%. Les rendements de l’année subséquente à ces 20 périodes ont oscillé entre -24.9% et +47.66%.
    • On compte aussi dix périodes où les rendements annuels ont été supérieurs à 20% pendant 3 ans et dont les taux ont été à la hausse durant l’année qui a suivi cette période triennale. Les rendements de cette année qui a suivi ces occurrences sont entre -24.9% et +43.61%.
  2. Bien que les prix du pétrole soient à la baisse depuis le sommet atteint en 2011, c’est l’effondrement des cours, survenu brusquement lors des 6 derniers mois, qui inquiète les investisseurs. Cette chute engendre bien des questions dont celle à soixante-quatre millions de dollars : ont-ils atteint un plancher ? Plusieurs investisseurs croient toujours aujourd’hui que les spécialistes de la finance et les portefeuillistes ont les réponses à ces questions. Nous pouvons bien sûr avoir une opinion mais, comme dans le cas de bien des éventualités économiques, nous n’avons aucune idée de ce qui se passera dans le futur. En matières économiques, les évènements peuvent prendre beaucoup plus de temps à se concrétiser que ce que l’on pourrait croire à priori. Ils peuvent débouler beaucoup plus rapidement que l’on pourrait imaginer et, les choses peuvent s’éloigner de leur équilibre naturel par une marge bien plus importante que l’on pourrait anticiper. Par exemple, le baril a perdu 66% de sa valeur en 1986 lorsque son prix a chuté de 30$ à 10$. Le cours du brut a aussi chuté de 61% en 1998, passant de 28$ jusqu’à 11$. En 2001, ce dernier a aussi connu une baisse de 54% soit de 37$ à 17$. Que cela ne tienne, lors de la crise financière de 2008, le baril a chuté lourdement après avoir atteint un sommet de 146$. C’est une chute de 80% qui a mené le prix à un bas de 30$ par baril. Alors, qu’en est-il de la présente dégringolade du brut qui se transigeait préalablement bien haut perché aux alentours des 107$ ? Dieu seul le sait.

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Comme vous le savez bien, nous passons beaucoup de temps à lire, à analyser et à apprendre sur la finance et l’économie. Nous aimerions donc profiter de cette opportunité pour partager avec vous certains commentaires, parfois humoristiques mais certainement judicieux, choisis parmi les leçons qui ont nourri notre esprit au cours des derniers mois.

Voici donc quelques extraits de nos lectures que nous avons traduits :

  • « Le principal problème de l’investisseur, et parfois son pire ennemi, est fort probablement lui- même. » (Benjamin Graham)
  • « Sir Isaac Newton a découvert les trois lois du mouvement. L’histoire démontre que c’est l’oeuvre d’un grand génie. Bien qu’outillé d’un intellect exceptionnel, Newton n’a pas su exceller en investissement : après avoir perdu un magot dans la Bulle de la Mer du Sud, le génie a expliqué plus tard qu’il pouvait « calculer le mouvement des étoiles mais non la folie des hommes. » S’il n’avait pas été traumatisé par sa lourde perte, Sir Isaac aurait bien pu découvrir la quatrième loi du mouvement : pour la plupart des investisseurs, les rendements diminuent lorsque le mouvement augmente. » (Warren Buffet, notre emphase) (mouvement = nombre de transactions)
  • « On ne peut pas prédire mais on peut se préparer. » (Howard Marks)
  • « Il est essentiel de se rappeler que presque tout est cyclique… Rien ne va dans la même direction pour toujours. Les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel. Peu de choses vont jusqu’à zéro… Il n’y a rien de plus dangereux pour la santé d’un investisseur que d’extrapoler la tendance d’aujourd’hui et de l’inférer dans le futur. Il y a très peu de gens qui ont la capacité de changer de tactique sur le champ pour la synchroniser avec la tendance boursière du moment. Les investisseurs devraient donc sélectionner et se commettre à une approche qui va, espérons-le, faire avancer leur cause dans plusieurs scénarios. » (Howard Marks)
  • « Deux leçons importantes à propos du risque :
    • Premièrement du mathématicien Gottfried : « La nature fonctionne effectivement par patrons modélisables mais seulement pour la plupart du temps. C’est cependant dans l’autre part, qui se veut imprévisible, que l’on trouve ce qui importe le plus. C’est là qu’on retrouve le plus d’action. »
    • Deuxièmement, le pari de Pascal : « Les conséquences importent plus que les probabilités. On doit penser aux conséquences de nos actes et évaluer notre capacité de survivre si on a tort. » (Peter Bernstein)
  • « Un des moments les plus risqués se situe au moment où nous avons raison… parce que nous tendons à se fixer à un bonne décision trop longtemps. » (Peter Bernstein)
  • « Les prix des actifs sont généralement fixés pour compenser l’impact des risques anticipés par les investisseurs. Ce sont, par contre, ceux qui sont insoupçonnés qui peuvent faire décrocher le marché et le lancer dans une spirale. » (Howard Marks)
  • « Si vous pensez que les marchés sont logiques et que les investisseurs sont objectifs et impassibles, vous risquez d’être surpris ! » (Howard Marks)
  • « Si vous placez le gouvernement fédéral en charge du désert du Sahara, il y aura pénurie de sable d’ici cinq ans. » (Milton Friedman)
  • « Les faits sont immuables, réfractaires et intraitables. Les statistiques, elles, laissent place à l’interprétation. » (Mark Twain)
  • « Nous sommes mieux de ne pas ajouter à une culture de l’envie. » (Charlie Munger)
  • « N’essayez pas de percer la NBA si vous mesurez 5’2’’. Pour faciliter l’atteinte de sa zone de confort, il faut compétitionner contre des individus médiocres. La lenteur de notre marche à suivre incapacite les gens à nous faire compétition. » (Charlie Munger)
  • « Investir et avoir du succès en affaires consiste à éliminer l’ignorance. » (Charlie Munger)
  • «Nous surestimons toujours les changements des deux prochaines années et nous sous-estimons ceux qui se produiront dans les dix prochaines années. » (Bill Gates)

Voici aussi quelques citations et pensées, que nous avons pris le soin de traduire :

  • « Le plus beau cadeau à faire à une personne raisonnée est de la faire réfléchir. »
  • « Les boules de crystal n’existent pas et les prédictions de fin d’années boursières est un exercice futile. »
  • « La tendance est votre alliée, sauf aux deux extrémités. »
  • « Les consommateurs sont de bien meilleurs éclaireurs de nouvelles tendances que les analystes et les experts. »
  • « Socrate avait approximativement raison : La seule vraie sagesse est d’acquiescer que nous ne savons rien. »
  • « La bonne recette du conseiller financier est d’ajouter cinq parts de conseils comportementaux et psychologiques pour chaque part de conseils financiers. Les portions comportementales sont toutes aussi importantes en marchés haussiers qu’en marchés baissiers. »
  • « L’EGO n’est pas une stratégie d’investissement. »
  • Dans les données économiques comme dans la vie, peu séparent le signal franc du bruit. »
  • « Éviter la folie est plus facile que tenter d’être brillant. »

Bien d’autres peuvent nous guider…

L’équipe Claret.