La grande vedette du G7

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Le marché boursier canadien a été la grande vedette en surpassant les principaux indices des autres pays du G7. Comme vous avez pu le constater, le secteur des matières premières, plus spécifiquement celui du gaz et du pétrole est le principal sujet des journaux financiers. Selon eux, c’est le secteur privilégié pour tout investisseur recherchant la performance. Même les investisseurs américains se lancent à fond dans ce secteur en achetant plusieurs fiducies de revenu du secteur pétrolier et gazier.

Le tableau ci-joint dresse en sommaire les performances des principaux indices boursiers pour le troisième trimestre et les neuf premiers mois de 2005.

  3ième trimestre Neuf premiers mois
  Monnaie locale Dollars canadiens Monnaie locale Dollars canadiens
S&P/TSX (CAN) + 11.20% + 11.20% + 19.09% + 19.09%
S&P 500 (U.S.) + 3.15% - 2.08% - 2.23% - 4.32%
Nasdaq (U.S.) + 4.61% - 0.70% - 5.26% - 7.28%
Europe (Euro) + 7.66% + 1.51% + 15.39% - 0.07%
Nikkei (Japon) + 17.18% + 8.70% + 18.00% + 3.45%

En ce qui concerne les principales devises, notre huard continue à se maintenir en hausse pendant que l’euro languit comparativement au dollar américain. Nous croyons que le huard devrait continuer de bien performer dans un avenir prévisible. Pour ce qui est de l’euro, l’élection en Allemagne le mois dernier en dit beaucoup sur la problématique européenne : le vieux continent met l’emphase sur la constance et la stabilité sociale au détriment du libre marché. Malheureusement, le fondement d’une saine croissance économique repose sur des principes de libre entreprise et d’entrepreneurship. Ce sont deux préceptes qui brillent par leur absence en Europe de l’Ouest. Tant et aussi longtemps que cette situation perdure, nous n’avons aucune raison d’être haussier sur l’euro mis à part pour une possibilité de transaction à court terme.

L’or a, quant à lui, très bien tiré son épingle du jeu. À titre indicateur de l’inflation, cela aura un effet négatif sur les taux d’intérêt car l’augmentation du prix de l’or signifie habituellement que la « Federal Reserve Bank » imprime trop de billets. De plus, lorsque la banque centrale américaine corrige la masse monétaire en y contraignant l’offre, les taux d’intérêt ont tendance à monter.

Au cours des derniers mois la conjoncture économique nous a rendu de plus en plus prudents envers les marchés financiers. Nous avons émis l’opinion il y a trois ans que nous sommes dans un marché de consolidation (à long terme) qui est pondéré par des hausses et des baisses (à court terme). La période débutant en octobre 2002 et jusqu’à maintenant en est une de marché haussier. Alors que les indices atteignent des sommets, notre position est rudement mise à l’épreuve. Voici une revue de ce que nous croyons être des composantes importantes du risque séculier :

  • Le cours du pétrole s’est enflammé. Il a touché plus de 70$ le baril avant de s’établir autour des 65$. Pour faire le plein d’essence, il en coûte donc deux fois plus cher qu’il y a deux ans. Cette augmentation aura des répercussions sur tous les aspects de l’économie. Compte tenu du faible taux de chômage, la main-d’oeuvre est rare en Amérique du Nord. Ainsi, les entreprises devront s’ajuster et augmenter les salaires afin que leurs employés continuent de voyager pour se rendre à leur travail.

    En Asie, les autorités sont apeurées par le mouvement inflationniste et le potentiel des contrecoups d’une population d’automobilistes et de fermiers exaspérés. Pour éviter la tourmente sociale, les gouvernements ont mis en place des mécanismes de contrôle de prix voire même des subventions. Malheureusement, une des premières leçons qu’on enseigne en économie mentionne que les mécanismes de contrôle de prix engendrent plus souvent qu’autrement deux problèmes majeurs. Dans un premier temps, les producteurs vont préférer vendre leurs biens ailleurs, là où le prix est plus avantageux, créant ainsi une pénurie dans le marché contrôlé. Par la suite, la pénurie de produit légal donnera naissance à un marché noir alors que les contrebandiers tâcheront de répondre aux besoins des consommateurs. Les problèmes créés par ces politiques sont rendus si critiques que le gouvernement de l’Indonésie a sabré son programme de subvention. Le prix du carburant a conséquemment doublé sur-le-champ. De son côté, la Chine a confirmé qu’elle s’affairait à modifier le régime de contrôle des coûts en place au profit d’un système plus orienté vers les marchés.

  • Le problème du déficit de la balance commerciale qui attire l’attention depuis les années 90 continue de sévir et s’est même accéléré depuis l’année 2000. L’effervescence du coût d’importation de l’énergie vient aussi jeter de l’huile sur le feu. A lui seul, le déficit de la balance commerciale n’a jamais été un problème, mais avec plus de 50% de la dette américaine contrôlée par des mains étrangères (OPEC, Chine), l’ajout de ces énormes déficits pourrait devenir problématique.

  • Le prix de l’immobilier devrait être fortement lié au revenu disponible ainsi qu’au loyer que cet actif peut générer. En date du 30 juin 2005, les statistiques publiées nous informaient que cela n’était pas le cas. La valeur agrégée de l’immobilier résidentiel aux Etats-Unis représente 204% du pouvoir d’achat agrégé annuel des ménages et l’augmentation des loyers est de 10% inférieure à l’augmentation du prix des maisons. Ces deux indicateurs sont à un sommet historique. Ainsi, dans la perspective que nous suggère ces deux indicateurs, il nous semble que l’immobilier est surévalué.

  • Cependant, il est décevant de constater que les propriétaires américains n’ont pas réussi à augmenter leur capital malgré un tel rallye dans le marché de l’immobilier. Pire encore, le pourcentage d’équité (valeur de la maison libre d’hypothèque) comparé à la valeur des propriétés est à un creux historique; ce qui implique que la plupart des américains ont systématiquement monétisé la valeur de leur propriété en ré-hypothéquant chaque hausse. Au sens figuré, ils ont transformé leur actif immobilier en véritable guichet automatique pour financer leurs dépenses.

  • Toujours dans les sommets historiques, on retrouve la dette non-financière domestique des États-Unis à 308% du produit intérieur brut (qui équivaut à un individu possédant trois fois plus de dettes que ce qu’il gagne avant impôt). Lorsque les taux d’intérêt sont très faibles et que la valeur des actifs semble s’apprécier continuellement, le poids de cette dette donne l’illusion d’être soutenable. Cependant, la réalité est qu’un changement au comportement des investisseurs peut faire tout basculer et avoir un effet dramatique sur la valeur des actifs adjacents. Par exemple, un tel changement peut d’ailleurs provoquer une liquidation hâtive de ces dettes par l’entremise de faillite. D’ailleurs, Allan Greenspan a récemment mis en garde les investisseurs : « …History has not dealt kindly with the aftermath of protracted periods of low risk premiums. »

En conclusion, nous croyons que les risques séculiers demeurent élevés. La patience et la sélectivité deviennent d’une importance capitale. Pour sélectionner les titres, nous analysons les compagnies une à la fois, et ce, sans se baser sur les pondérations des indices. Nous achetons une compagnie lorsque nos analyses démontrent que la valeur intrinsèque de l’entreprise en question est nettement supérieure à sa valeur au marché et ce, selon des critères de sélection très sévères. La méthodologie que nous utilisons, soit une stratégie ascendante, n’a pas généré beaucoup de signaux d’achats lors des derniers mois. N’oublions pas que nous ne créons pas les opportunités d’investissements, nous ne faisons que les identifier et en prendre avantage. Cependant, comme vous le savez ces opportunités se sont faites rares!

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