La volatilité: une amie de longue date

Commentaires

La volatilité: une amie de longue date

Lorsqu’on prend un peu de recul pour évaluer les six premiers mois de l’année 2013, on réalise qu’ils ont été caractérisés par des extrêmes de part et d’autre.

Il y a les extrêmes à la hausse :

  • La Fed, banque centrale américaine, qui poursuit sa politique accommodante a acheté $US85 milliards d’obligations par mois ;
  • La banque centrale du Japon ne veut pas être en reste. Elle a annoncé un plan d’achat d’obligations japonaises très agressif si on compare la taille relative du Japon par rapport aux États-Unis, un rachat de ses obligations pour l’équivalent de US$77 milliards ;
  • Le S&P 500 a progressé de 12.6%. Il s’agit du meilleur début de saison depuis 2008 ;
  • L’indice Dow Jones Industrial Average (DJIA) et celui qui sert de référence pour le reste du monde, soit l’indice du MSCI EAFE (Europe, Australie et Extrême-Orient) ont tous deux connu leur meilleure performance depuis au moins 10 ans ;
  • L’indice pour le Japon, le MSCI Japon, a bondi de 32.6% au cours des six premiers mois de l’année, sa meilleure performance depuis 1972.

Il y a aussi les extrêmes à la baisse :

  • L’indice de la Chine, le MSCI Chine, a fondu de 13.5%. Le pays a donc connu sa pire performance boursière depuis la crise financière de 2008 ;
  • Les indices de rendement total des marchés obligataires ont chuté de 2.5% en général. La pire performance depuis 1994 ;
  • L’or a plongé de 27%. Il faut retourner en 1981 pour trouver pire performance ou encore en 1971, l’année où Nixon a décidé de mettre fin à l’étalon or qui fixait la convertibilité de l’or à une valeur fixe.

Et alors, que nous réserve l’avenir?

Cette question n’est aucunement pertinente. Alors que bien des experts essaient fort d’augurer les niveaux de marchés dans l’avenir en se basant sur des prédictions macroéconomiques, nous croyons que les investisseurs sérieux devraient plutôt se concentrer sur la capacité des entreprises à créer de la richesse. Les marchés baissiers de 2000-2002 et 2007-2009 ont créé des cicatrices qui apeurent toujours les investisseurs et laissent des opportunités pour les investisseurs sophistiqués. Il est donc plus profitable d’analyser les états financiers des sociétés publiques dans le but de repérer les aubaines de façon factuelle que d’essayer de trouver quand acheter et vendre les marchés de façon successive en se basant sur une planche de Ouija. D’ailleurs, notre formation académique nous a bien démontré que le marché boursier est un indicateur avancé des tendances macroéconomiques et non l’inverse. Si tel est le cas, comment font les économistes pour prévoir les marchés boursiers avec les indicateurs macroéconomiques puisque les valeurs en bourse réagissent avant les données économiques? Cependant, si nous concentrons nos efforts à trouver d’excellentes sociétés à de bons prix ou de bonnes entreprises à des prix très avantageux, nous n’avons qu’à maintenir un optimisme sain pour avoir du succès. Tant et aussi longtemps que l’économie retourne à son état normal et recouvre une certaine croissance, nos investissements devraient performer adéquatement sur le long terme.

La volatilité : ami ou ennemi?

Les aléas de l’activité économique sont exacerbés par les réactions émotives des participants dans les marchés financiers. Ces fluctuations exagérées sont exaltantes lorsqu’on se retrouve du bon côté de la transaction et désarmantes voir paniquantes lorsque nos positions boursières se mettent à perdre de la valeur. C’est ce qu’on appelle la volatilité dans le jargon financier. En effet, la surabondance d’informations inutiles fournies par Wall Street et par Bay Street juxtaposée par l’aide des médias stimule l’émotivité des investisseurs et les font passer par toute la gamme d’émotions, de la peur jusqu’à la cupidité. Voilà le système d’engrenage de la volatilité. Comment réagir face à ces fluctuations?

  • Si la volatilité crée de l’anxiété chez l’investisseur parce qu’il croit fermement que la chute temporaire de valeur est l’équivalent d’une perte permanente irrécouvrable, alors cet individu devrait se tenir loin de tous les investissements. La totalité des titres d’équité (actions) et une bonne partie des titres de revenus fixes (obligations, débentures, actions privilégiées) sont soumis à la volatilité. Ces fluctuations sont inhérentes aux investissements en général et elles ne peuvent être contrôlées.
  • Toutefois, les investisseurs qui ont une vision à long terme et qui savent ce qu’ils font puisqu’ils ont fait leurs devoirs peuvent profiter de la volatilité. On surnomme caricaturalement « Monsieur Marché » l’ensemble des participants des marchés boursiers. « Monsieur Marché » est de nature schizophrénique. Il se nourrit des émotions de la masse et passe rapidement de l’euphorie à la crainte. Lorsqu’il devient apeuré, il veut se départir de ses investissements peu importe le prix. L’investisseur aguerri et informé peut prendre avantage de ses états d’âme et acheter avec conviction pour profiter de ses erreurs.

Comme vous vous en doutez, chez Claret, nous préférons la deuxième option avec une optique à long terme.

Qu’en est-il des obligations ?

Lors des dernières années, nous avons informé nos lecteurs que nous croyions que les taux d’intérêts pourraient descendre beaucoup plus bas et demeurer faibles beaucoup plus longtemps que la plupart des gens anticipaient. Aujourd’hui, lorsque nous évaluons l’environnement dans lequel évoluent les titres à revenus fixes, nous sommes beaucoup moins convaincus qu’avant de leurs perspectives de rendements et ce spécialement pour les obligations gouvernementales. En effet, si on tient compte des taux qui sont offerts aux investisseurs, c’est très difficile d’anticiper un avenir florissant dans les années à venir. Beaucoup d’investisseurs achètent les fonds mutuels d’obligations en se basant sur les performances passées. C’est là qu’on retrouve une faille importante que les vendeurs de fonds mutuels manquent ou ignorent. Les performances des titres obligataires sont issues de deux facteurs : le taux du coupon et le gain/perte en capital. Premièrement, le taux du coupon offert présentement est très faible et n’offre donc pas le même rendement qu’avant. Deuxièmement, le prix des titres obligataires peut difficilement augmenter puisque les taux d’intérêts doivent continuer de descendre pour ce faire. Étant donné que les taux peuvent difficilement baisser plus que ce niveau (le taux 10 ans est de 2.5% au Canada et États-Unis), les gains en capitaux deviennent donc improbables. Il ne faudrait surtout pas que les taux se mettent à monter substantiellement puisque, comme l’ont appris certains investisseurs depuis la mi-mai, les gains en capitaux se transforment en pertes rapidement.

Quelques points importants sur la sélection de titres.

Plusieurs d’entre vous nous demandent souvent des précisions sur notre méthodologie de sélection de titres. Vous savez que nous portons beaucoup d’attention sur les états financiers mais voici quelques principes que nous cherchons à respecter et qui nous ont servi grandement dans le passé :

  • Nous préférons des compagnies qui ont de la flexibilité dans la fixation des prix de vente de leurs produits ou services ;
  • Nous préférons investir dans des entreprises dont le plan d’affaire ne requiert pas d’énormes dépenses en capital pour survivre ;
  • Nous préférons des entreprises qui génèrent des flux de trésorerie importants. On dit de suivre la trace de l’argent!
  • Nous préférons des compagnies qui opèrent dans des industries moins soumises à des changements technologiques importants ;
  • Nous préférons des sociétés qui historiquement prennent avantage des nouvelles technologies pour réduire leurs coûts d’opérations ;
  • Nous préférons des compagnies qui ont à coeur les intérêts des actionnaires (i.e. nous aimons beaucoup lorsque les administrateurs sont d’importants détenteurs d’actions) ;
  • Nous préférons des compagnies qui sont moins endettées ;
  • Nous préférons éviter les entreprises qui offrent de belles promesses, nous racontent de belles histoires pour l’avenir.

Après tout, cela dépend du prix que nous devons payer. Un investisseur bien connu a dit : « Le prix, c’est ce que vous payez. La valeur, c’est ce que vous détenez. »

Nous vous souhaitons un bel été.

L’équipe Claret