Le début de 2009 a été caractérisé par un recul vertigineux…

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Le début de 2009 a été caractérisé par un recul vertigineux d’une durée de 2 mois. Par contre, le retour de l’ascenseur amorcé le 9 mars 2009 affiche une vigueur toute aussi spectaculaire. La volatilité des principales places boursières a atteint un sommet vieux de plusieurs décennies.

Des 122 jours les plus volatiles depuis 1960, soit 1% de tous les jours ouvrables en bourse, 23 d’entre eux sont du millésime 2008-2009. Nos recherches démontrent que ces jours d’extrême volatilité ont tendance à s’entasser près des sommets et des creux de marchés. Lorsqu’on considère la taille du gargantuesque marché baissier que nous venons de traverser, nous ne sommes aucunement surpris de la robustesse du rebond des dernières semaines.


En investissement comme ailleurs, lors des périodes particulièrement difficiles, il est important de revenir aux principes de base. Si on se fie au stress des marchés boursiers, le temps est plus que propice pour une revue de ces principes qui sont d’une importance capitale.

  • De temps à autre, les marchés financiers tendent à aller aux extrêmes avant de revenir à la normale. Les académiciens appellent ce phénomène le « renversement vers la moyenne ». Malheureusement, a priori, nous ne pouvons ni trouver les points extrêmes, ni les points d’inflexion de ces phénomènes.
  • Les marchés boursiers tendent à escompter ce qui se passera au niveau de la réalité économique 6 à 9 mois d’avance. Dit autrement, lorsqu’il y a récession, le marché a déjà baissé. Conséquemment, les marchés haussiers précèdent la reprise boursière, et non l’inverse. Ce phénomène est le principal obstacle aux stratégies de synchronisation de marchés et rend le rôle des prévisionnistes obsolète.

Les êtres humains aiment essayer de tout connaître à l’avance. Que cela soit au niveau social (démographique, comportement social), au niveau économique (récession, dépression), à l’horoscope ou au niveau de la météo (température, réchauffement de la planète), nous sommes accros des prévisions de toutes sortes. Il suffit d’un tour chez le libraire pour être surpris du nombre de livres basés de près ou de loin sur les prévisions de toutes sortes.

Un bon exercice serait de compiler les prévisions de toutes sortes qui ont été faites sur tous les sujets depuis quelques décennies afin d’en évaluer l’exactitude. Nous parions que 99% d’entre elles pourraient être catégorisées comme «farfelues».

Puisque nous oeuvrons dans le créneau de la finance des marchés, nous avons donc fait cet exercice pour notre domaine et avons compilé des décennies de prévisions. Nous avons donc dépoussiéré les ouvrages des prévisionnistes et des « gourous » de leur époque. Nous qualifions de « gourous » ceux qui ont correctement prédit une crise dans les marchés financiers. À notre étonnement, chaque crise a été prédite, avec une certaine précision, par un ou deux gourous ». Par précision, nous voulons dire que leurs prédictions se sont réalisées à l’intérieur d’un intervalle d’une année et demie. Ce qui est moins surprenant cependant, c’est qu’aucun de ces « gourous » n’a été capable de récidiver. Pire encore, certains d’entre eux ont tellement erré par après qu’ils n’ont plus été mentionnés dans les médias. Notre seule et unique conclusion stipule que les méthodes d’investissements liées à la synchronisation des marchés (donc à la prédiction) ne sont lucratives que pour les auteurs de livres et de lettres financières. Par contre, comme stratégie de placement, elles laissent à désirer.

  • La discipline, la patience et la diversification sont les principaux ingrédients du succès en investissement. De plus, la stratégie de baisser son coût moyen est, en général, une bonne stratégie. Contrairement aux besoins de consommation où un dollar vaut toujours un dollar, un dollar d’investissement vaut beaucoup plus et est beaucoup plus puissant lorsque les marchés sont déprimés qu’il ne l’est dans les marchés forts et surévalués.

Bien qu’il existe plusieurs façons d’évaluer un véhicule de placement comme les actions, les obligations et l’immobilier (résidentiel ou commercial), une des meilleures pratiques consiste tout simplement d’évaluer les entrées d’argents que génère cet investissement sur une base régulière.

Prenons l’exemple d’un investisseur qui évalue l’achat d’un immeuble multi logements. Ce dernier évaluera les revenus de loyers que génère cet immeuble et en déduira les dépenses à faire. Le résultat de cette équation est un taux de rentabilité qui sera utilisé comme mesure pour comparer avec les alternatives de placements.

Lorsque la décision d’achat de cet immeuble est prise, le nouveau propriétaire ne peut que contrôler le loyer chargé aux locataires pour améliorer son revenu, espérant ainsi qu’une hausse des loyers commandera éventuellement une augmentation de l’évaluation de la valeur au marché de sa propriété. Entre temps, il ne contrôle pas les fluctuations journalières de son édifice. D’ailleurs, cela devrait être le dernier de ses soucis puisqu’il ne planifie pas le vendre prochainement.

Lorsqu’on applique ce même concept aux marchés financiers, ce même investisseur change son fusil d’épaule et devient hypnotisé par les fluctuations journalières de son investissement. Pourtant, le concept d’analyser les flux financiers générés par chaque titre détenu en portefeuille n’est pas différent de celui utilisé pour l’achat d’un édifice à logements. De plus, le concept de la diversification est beaucoup plus facile à appliquer dans un portefeuille d’actions que dans un portefeuille immobilier. Nous suggérons donc de voir les fluctuations journalières positivement avec un autre oeil : au lieu d’un catalyseur psychologique qui contraint à des décisions de ventes et d’achats irrationnelles, l’investisseur devrait plutôt voir les fluctuations journalières comme un avantage de liquidité, c’est-à-dire une facilité de se départir de ses investissements s’il y a lieu.

Avez-vous remarqué que les affaires financières ont une caractéristique drôlement perverse ? C’est la seule industrie où, lorsqu’on réduit le prix d’un produit de, disons 50%, plus personne n’en veut. Ironiquement, si le prix de ce même produit est fixé à 200% plus cher, les gens attendent en ligne pour en acheter plus! Parlons d’irrationnel.


Pourquoi les investisseurs n’achètent-ils pas plus d’actions lorsqu’elles sont à grand rabais ? C’est qu’ils croient qu’elles peuvent reculer davantage ou bien qu’ils se concentrent sur les médias et croient que l’économie peut demeurer en récession très longtemps, ou tout simplement parce qu’ils ont perdu tellement d’argent au cours des dernières années.

En bref, les investisseurs refusent de regarder au-delà des problèmes à court terme et concentrent toute leur énergie sur ce qui ne va pas. Les investisseurs devraient plutôt réaliser qu’il n’y a jamais eu de récession qui n’ait pas été suivie par une reprise. S’ils prennent le temps de regarder plus loin, ils réaliseront l’éventail des opportunités qui s’offrent à eux aujourd’hui.

L’équipe Claret.