Longue vie à Adam Smith

Lettres Trimestrielle

Longue vie à Adam Smith

Tout d’abord, prêchons le bon exemple en gardant une optique à long terme sur l’évolution des marchés boursiers. Revenons sur le graphique de la régression du S&P 500 que nous avons publié dans une lettre trimestrielle en 2008 ainsi qu’à quelques reprises dans le passé. Dans ce graphique, l’indice du S&P 500 navigue depuis 1927 autour de sa ligne de régression représentée en rouge. En simplifiant, on peut stipuler qu’il s’agit de la fluctuation du S&P 500 par rapport à sa tendance à long terme. Dans cette mise à jour, nos lecteurs assidus reconnaîtront que le marché est sous-évalué lorsqu’il se situe sous sa tendance à long terme et qu’il est sur-évalué lorsqu’il se transige par-dessus cette dernière.

 

Passons maintenant sous la loupe l’évolution des marchés financiers sur une période plus courte afin de mieux évaluer sa situation présente.

En rétrospective, on peut facilement conclure que le marché était considérablement sous-évalué comme nous l’avions suggéré en 2009. Ce n’est plus le cas aujourd’hui puisque le marché se transige légèrement au-dessus de sa tendance à long terme. Par contre, nous désirons vous mettre en garde de ne pas sauter rapidement aux conclusions; ce n’est pas parce que le marché n’est plus au bas fond qu’il est automatiquement cher et qu’il faut craindre la venue d’un crash. Nous voulons tout simplement vous expliquer que les aubaines deviennent plus difficiles à trouver et que des corrections pourraient devenir un peu plus fréquentes.

La fermeture du gouvernement américain, la hausse du plafond de la dette américaine et le risque de défaut ont fait la manchette et ont beaucoup inquiété les investisseurs. Bien évidemment, il faut espérer que les politiciens des deux factions ne soient pas assez stupides pour pousser cette histoire passé le point de non-retour. Par contre, nous sommes d’avis qu’on accorde beaucoup trop d’attention aux gouvernements puisque leur impact sur les marchés financiers est au plus non concluant. En fait, il y a eu 18 fermetures du gouvernement fédéral depuis le milieu des années 70 et leur impact a été marginal. Alors que nous écrivons ces lignes, nous pouvons encore considérer les évènements récents comme du bruit qui ne trouve pas d’écho sur les marchés financiers. Ceci dit, la bataille politique a été remise au début de 2014. À suivre …

 

Corriger ou ne pas corriger, là est la question!

Les marchés financiers des pays développés ont connu toute une lancée depuis leur bas fond atteint en 2008-2009. Par conséquent, les questions qui brûlent les lèvres des investisseurs sont toutes à propos de la prochaine correction significative. À quand la prochaine correction et quelle en sera l’ampleur ?

Bien qu’il soit agréable de connaître d’avance les caractéristiques du prochain recul boursier, nous ne sommes malheureusement pas en mesure de vous aiguiller là-dessus. Par contre, voici deux situations que vous devriez considérer :

  1. Si vous aviez quelques dollars prêts à investir, ne voudriez-vous pas avoir la chance de les investir à un prix plus faible? Une correction significative vous permettrait de déployer votre capital aisément.
  2. Si vous détenez des entreprises qui utilisent leur flux financier pour racheter leurs actions, ne voudriez-vous pas qu’elles puissent le faire à un niveau favorable? Un recul boursier permettrait à ces riches entreprises de racheter leurs actions à bon prix et ainsi diminuer le nombre d’actions en circulation et augmenter votre part des profits qu’elles génèrent.

Comme on peut voir, ce n’est qu’une question de perspective; n’ayez crainte, il y a toujours quelque chose à faire. Il y a toujours de bonnes occasions de placements pour l’investisseur qui sait orienter sa lunette dans la bonne direction. En se dirigeant dans les chemins les moins fréquentés, on réussit à dénicher les aubaines. Ceci nous rappelle une citation de Bertha Calloway : ‘Bien que nous ne puissions pas contrôler la direction du vent, nous pouvons toujours ajuster les voiles’.

 

Faits cocasses

En dépit du pessimisme généralisé qui hante les investisseurs depuis six longues années, nous avons pensé prendre quelques pas de recul afin d’avoir une meilleure perspective sur cette période de convalescence de la crise financière. Voici donc l’évaluation de certaines données économiques depuis le pic de 2007, soit le sommet du S&P 500 qui a précédé la grande débâcle.

  • La population américaine a crû de 4% ou 13 millions d’individus.
  • Il y a 469 millions de personnes en plus sur la planète. Une croissance de 7%.
  • Un item qui coûtait $100 en 2007 coûte maintenant, en moyenne, $112 aujourd’hui.
  • Le S&P 500 a dépassé son ancien sommet de 10% en niveau de prix. Lorsqu’on compte les dividendes versés aux détenteurs, l’indice américain a connu une progression de 25%.
  • Le PIB américain est en hausse de 16%. Ceci représente 2.2 billions de dollars (rappel: 1 billion en français équivaut à 1 trillion en anglais).
  • Le PIB mondial était en hausse de 28% à la fin de 2012, ce qui correspond aux données les plus récentes. Ce taux de croissance représente une expansion de 16 billions de dollars ou la taille de l’économie américaine. En d’autres mots, c’est comme si on avait ajouté un autre États-Unis au commerce mondial.
  • En tirant avantage de toute cette croissance mondiale, les revenus et les profits opérationnels agrégés des sociétés non-financière membres du S&P 500 ont connu une croissance significative de l’ordre de 23-24%.

Il est intéressant de noter que la croissance du PIB américain a été anémique lors des six dernières années. En fait, c’est le pire niveau de croissance enregistré depuis 1936. Il y a néanmoins une morale à cette histoire: en dépit de toutes les stupidités des représentants des gouvernements et des politiciens, la main invisible d’Adam Smith fonctionne toujours à merveille et elle redistribue les ressources nécessaires aux agents économiques méritants avec doigté, de façon à faire marcher la grosse machine économique efficacement. (Adam Smith est un grand économiste et philosophe écossais des années 1700. Il est l’auteur du livre ‘The Weatlh of Nations’, un livre qui a grandement influencé la science économique). Dieu merci!

 

L’Équipe Claret