- Claret - https://claret.ca/fr/ -

Mais en quelle année sommes-nous?

On se croirait en 1999…

Nous ne savons pas combien d’entre vous se souviennent de la bulle Internet, qui a commencé à se former en 1995, puis qui a connu une ascension parabolique de la fin de 1998 jusqu’en 2000, lorsqu’elle a explosé de manière spectaculaire, faisant chuter l’indice Nasdaq de près de 80 % par rapport à son sommet.

Historiquement, les entreprises qui dégagent des profits, ou du moins qui devraient en principe le faire dans un avenir prévisible, sont considérées comme ayant de la valeur. Or, pour une raison ou une autre, à la fin des années 1990, les investisseurs ont conclu qu’on pouvait se passer de profits pour autant que les entreprises affichaient une croissance sous une forme ou une autre, le nombre d’utilisateurs, par exemple, pour les entreprises Internet (c’est-à-dire le total des personnes ayant visité les sites Web). C’était la croissance du chiffre d’affaires à tout prix. Un PDG bien connu a souligné à quel point il était insensé d’imaginer pouvoir vendre un dollar au prix de 90 cents pour ensuite tenter de se rattraper grâce au volume. Même l’ajout des deux petits mots « dot com » au nom d’une entreprise pouvait augmenter le cours de ses actions sur le marché. L’euphorie a éventuellement pris fin, et de nombreuses entreprises Web et de commerce électronique, à qui on avait d’abord accordé le bénéfice du doute, se sont révélées sans valeur.

Nous nous trompons, ou les entreprises sans profit semblent de nouveau très tendance…?

Des entreprises comme Uber et Lyft ont récemment fait leur entrée en bourse, dotées de modèles d’affaires très perturbateurs, mais sans l’ombre d’un profit à l’horizon. Les profits ne sont certes pas impossibles, mais ce ne sera pas pour demain, loin de là. Et pourtant, on attribue à ces entreprises des valorisations qui suggèrent un modèle d’affaires extrêmement rentable.

Beyond Meat a fait son premier appel public à l’épargne en juin et le cours des actions a grimpé de 600 % en un seul mois. Pour ceux qui se demandent ce que fait l’entreprise, elle produit un « hamburger » végétarien qui est censé avoir le même goût que la viande. L’an dernier, le chiffre d’affaires s’élevait à environ 90 millions de dollars US, alors que l’entreprise a perdu 30 millions de dollars US au cours de la même période. Et pourtant, les actions de la société, se négocient actuellement à une valeur marchande de 9 milliards de dollars US, pas millions mais milliards.

Nous pourrions poursuivre avec Shopify, Lightspeed au Canada, Slack Technologies et Zoom Technologies, pour n’en nommer que quelques autres. Aucune de ces sociétés n’est rentable et selon leurs prospectus, les directions respectives ne savent pas quand elles le seront, ou même si elles le seront un jour.

Nous nous attendons à ce que certaines de ces entreprises survivent, comme certaines l’ont fait après la bulle de 2000, mais la plupart d’entre elles ne vaudront rien. Choisir les bonnes représente un défi… les garder jusqu’à la prochaine correction sera encore plus difficile.

L’un des grands gestionnaires d’obligations à rendement élevé, Howard Marks, a écrit en 2016 :

« Voici ce qui est vraiment cinglé : dans le monde réel, les choses varient généralement entre “assez bien” et “pas trop absurde”. Mais dans le monde du placement, la perception passe souvent de “sans défaut” à “sans espoir”. Le pendule oscille d’un extrême à l’autre, ne s’arrêtant que pour le plus bref des moments à un “juste milieu” et rarement plus que l’espace d’un instant dans les limites du raisonnable ».

Depuis deux ou trois ans, bien que l’économie américaine ait connu une assez bonne croissance, conjuguée à une faible inflation, elle a également accru ses déficits et augmenté sa dette nationale à un rythme alarmant. Entre-temps, elle continue de profiter d’un contexte de faibles taux d’intérêt et de marchés boursiers haussiers. Nous pensons qu’il faut se rendre compte que certaines de ces caractéristiques ne sont pas compatibles à long terme. Elles ne l’ont jamais été dans le passé – il serait imprudent de supposer qu’elles le seront à l’avenir.

Pour réussir dans le domaine du placement, il est bon de comprendre le cycle économique, le cycle de rentabilité et, tout particulièrement, le cycle du marché. Pour citer Howard Marks une fois de plus :

« On distingue trois phases dans un marché haussier :

Nous hasarderons une hypothèse : nous en sommes probablement rendus à un certain point au cours de la troisième phase... nous ne savons tout simplement pas combien de temps elle durera encore moins jusqu’à quel point le marché va monter. À mesure que l’euphorie s’intensifiera au cours des prochains trimestres, nous préférerons pécher par excès de prudence en sous-pondérant progressivement le volet actions de notre portefeuille.

Cela dit, nous voulons noter deux choses :

*************************************************

Si vous vous demandez…

Plusieurs questions ont été soulevées récemment lors des rencontres avec les clients :

Bon été à tous!

L’équipe Claret