Observations pour 2018, optimisme pour 2019

Lettre Trimestrielle

L’année 2019 s’amorce sur fond de volatilité qui persiste depuis septembre 2018. L’instabilité s’est en effet accentuée au cours de ces trois derniers mois, mais seulement par rapport aux deux dernières années, durant lesquelles elle a été relativement modérée. Nous avons remonté 100 ans en arrière (soit jusqu’en 1920) pour examiner la volatilité au jour le jour et intra-journalière, et nous pouvons conclure que l’instabilité actuelle n’a tout simplement rien d’extraordinaire. En revanche, grâce à l’internet et aux médias, les investisseurs sont bien plus conscients de chaque petit soubresaut, ce qui donne l’impression que les choses ont changé. En fait, ce sont les reportages sur les nouvelles financières qui ont changé, et pas pour le mieux.

En de pareils moments, nous conseillons fermement à nos clients de maintenir le cap, de ne pas détourner leur regard de l’horizon et d’éviter de se laisser hypnotiser par les remous à leurs pieds. Voici quelques raisons pour nous aider à garder notre calme :

  • À notre connaissance, à chaque correction sa reprise, à chaque marché baissier son marché haussier.
  • Le prix, c’est le montant que vous payez. La valeur, c’est ce que vous obtenez. En d’autres termes, vous payez l’évaluation boursière, et vous obtenez des bénéfices et des dividendes. On nous pose rarement des questions à propos du montant des profits et dividendes que génère un portefeuille… Ce qui devrait être, et de loin, la question la plus importante, ne croyez-vous pas?
  • La plupart des investisseurs qui se trouvent encore au stade de l’accumulation devraient accueillir à bras ouverts les corrections puisqu’elles leur donnent l’occasion d’acheter à petit prix. Qui ne veut pas acheter lorsque les actions sont bon marché? Pour paraphraser Warren Buffett, c’est lorsque les autres sont craintifs que nous devons acheter.

Une stratégie élémentaire toujours pertinente est la méthode de la moyenne d’achat : plutôt que de tenter d’anticiper le marché, la plupart des investisseurs devraient acheter des titres à intervalles réguliers en consacrant à chaque achat la même somme d’argent : par exemple investir 2 000 $ chaque mois sur une période prolongée. Cette stratégie permet de respecter plusieurs principes de placement avérés :

  • À long terme, les économies de marché tendent à croître, tout comme leurs marchés boursiers, bien que la croissance de ces derniers soit ponctuée de replis marqués et de nettes reprises. En fait, nous avons examiné des données sur plus de 100 ans, et le taux de croissance annuel du marché boursier américain joue autour de 8 %, dividendes compris. Selon les données des 50 dernières années, le marché américain a progressé à un rythme de 10 %, compte tenu des dividendes réinvestis, tandis que la croissance du reste du monde s’élevait à environ 8 %, à titre de comparaison. Ainsi, non seulement le pessimisme est à proscrire, mais il n’est tout simplement pas rentable de miser contre les États-Unis.
  • La même somme d’argent permet d’acheter un nombre plus élevé de titres lorsque les marchés sont en baisse et un plus faible nombre de titres lorsque les marchés sont à la hausse. Au fil des hauts et des bas des marchés, vous profitez ainsi de la faiblesse de ceux-ci en achetant davantage de titres lorsqu’ils sont moins chers.

Beaucoup de questions ont été soulevées à propos de notre stratégie de placement en titres à revenu fixe. Nous n’avons certes pas réinventé la roue, mais si notre gestion est très différente, c’est que nous définissons les objectifs de notre portefeuille de titres à revenu fixe d’une façon très différente :

  • Tout d’abord, puisqu’il s’agit d’un portefeuille de revenus, nous pensons que la réalisation de revenus constitue l’objectif le plus important. Ainsi, les instruments de placement auxquels nous avons recours comprennent entre autres des obligations, des débentures de sociétés, des actions privilégiées et tous les autres types de titres qui se classent devant les actions ordinaires, qui versent un revenu selon un taux fixe ou variable, et qui ont une valeur nominale.
  • Ensuite, nous portons une attention toute particulière au rendement à l’échéance. Puisque notre objectif principal est d’acheter et de conserver un titre jusqu’à son échéance, il faut que le rendement à l’échéance en vaille la peine. Depuis un long moment déjà, vous nous avez sans doute entendus répéter que le fait de détenir des obligations d’État à 2,5 % pour les 10 ou 30 prochaines années n’est pas la solution rêvée. À moins que vous ne profitiez d’une intervention divine qui vous dévoilera l’orientation que prendront les taux d’intérêt, il vous faudrait spéculer sur l’évolution des prix pour dégager un rendement supérieur au coupon de 2,5 % annuellement.
  • Par ailleurs, pour contrebalancer le différent rapport risque-récompense inhérent aux instruments à revenu fixe, nous avons recours à une stratégie dite d’extrême diversification, c’est-à-dire que nous détenons le plus grand nombre de titres possibles, dans de petites proportions, de sorte qu’une seule position négative ne puisse avoir une incidence significative sur notre rendement à long terme.
  • Enfin, bien que nous puissions évaluer la sécurité du revenu qui sera dégagé par les titres que nous achetons, nous ne contrôlons pas l’évolution de leur cours, ce dernier étant influencé par des réactions de peur ou d’avidité et de questions de liquidité, tout comme les marchés boursiers.

Notre stratégie n’est pas inconnue d’autres gestionnaires. Il existe de nombreuses études empiriques qui en démontrent la justesse. Or, la gestion des positions s’avère la pierre d’achoppement lorsque les fonds gérés deviennent trop importants. La liquidité, la disponibilité et l’achat de produits deviennent problématiques et, puisque la plupart de nos concurrents sont des fonds communs de placement gérés par de grandes institutions financières, à défaut d’acheter uniquement des obligations d’États ou des débentures de sociétés hautement liquides, les coûts de gestion peuvent rapidement devenir prohibitifs.

Pour l’heure, la question de taille ne pose pas problème, comme les marchés obligataires mondiaux sont suffisamment vastes pour nous laisser l’esprit tranquille pendant encore un bon moment.

Au fait, combien les marchés mondiaux sont-ils bon marché ou coûteux? Voici quelques données :

 

GéographieIndices représentatifsRatio cours/bénéfice (RCB)
Marché américainS&P 50017,1x
Marché canadienS&P/TSX15,6x
Reste du mondeMSCI EAFE13,4x
Marchés émergentsMSCI EM11,5x

 

Comparons cela aux taux d’intérêt à l’échelle mondiale :

 

PaysReprésentés parTauxÉquivalent du RCB
États-UnisBon du Trésor américain à 10 ans2,80 %35x
EuropeBund allemand à 10 ans0,15 %666x

 

Comme vous le voyez, si les marchés boursiers mondiaux ne sont plus aussi bon marché qu’en 2009, ils sont loin d’être chers, comparativement aux taux d’intérêt. La volatilité persistera vraisemblablement sur les marchés alors que les banques centrales s’efforcent de « normaliser » leur politique monétaire. La croissance économique pourrait décrocher pendant un certain temps, mais à moins qu’une vilaine récession ne se manifeste, les marchés des actions devraient dégager une performance conforme aux rendements historiques.

Bonne année à tous!

L’équipe Claret