Passer en revue ce qui est important, tout en ignorant ‘le bruit’, lors des décisions d’investissements

Lettres Trimestrielle

L’actualité économique est en constante mouvance et nous sommes inondés par des sujets d’actualité économique. Cette fois-ci, pendant que nous sommes en pleine rédaction de la lettre trimestrielle, c’est l’évènement du Brexit qui tapisse les journaux économiques et qui nourrit les médias. Les marchés ont pris une tangente vers la volatilité au cours des dernières semaines. La spéculation d’un vote pour le statu quo a parti le bal. Par la suite, lorsque les Anglais se sont prononcés pour un retrait de l’Union Européenne par référendum, un vent de panique a balayé les espoirs des marchés et une vente de feu a plombé les marchés pendant deux jours. Bien qu’importantes, les pertes ont été rapidement essuyées par une vive reprise des marchés. Malgré toutes ces fausses notes, les marchés ont terminé le trimestre avec une performance relativement neutre. Chez Claret, beaucoup de cela nous apparaît comme du bruit et nous avons beaucoup de difficulté à trouver du contenu valable dans tous ces commentaires d’experts que l’on retrouve sur la toile et dans les médias.

Tout ce charabia qui s’est déroulé au cours des dernières semaines nous a inféré ces deux observations :

  • Un des meilleurs côtés de l’Internet est qu’il permet à l’investisseur moyen d’accéder à une quantité importante d’informations en temps réel et à une myriade d’opinions.
  • Un des pires côtés de l’Internet est qu’il permet à l’investisseur moyen d’accéder à une quantité importante d’informations en temps réel et à une myriade d’opinions.

La toile offre un accès facile à une abondante source d’informations, d’analyses et d’opinions et cela semble avoir baissé le coût d’investir puisqu’on n’a pas à débourser un sou pour y avoir accès. Cette surabondance d’informations a semblé rendre l’accès aux marchés des capitaux plus abordable au cours de la dernière décennie. Pourtant, ce n’est pas parce que ces données nous sont offertes gratuitement, qu’elles n’ont pas un coût qui s’y rattache. En fait, ce n’est pas plus facile de faire de l’argent avec ce trop-plein d’informations pour les raisons suivantes :

  • Plus les opinions sont abondantes, plus il est difficile de savoir laquelle on doit suivre.
  • Dans toute cette mer d’experts de marchés, qui devrions-nous croire ?
  • Quelles opinions ou quelles analyses sont adaptées à votre situation financière et cadrent bien avec votre propre politique de placements ?

En fait les vraies questions sont les suivantes :

  • Est-ce que l’accès gratuit à l’information est vraiment gratuit ? Y-a-t’il un coût adjacent que l’on ignore ?
  • Comment définir le coût de faire des investissements ? Lorsqu’une analyse est bâclée ou, pire encore, intéressée, est-ce que cela a un coût pour l’investisseur ?

Croyez-le ou non, investir n’est pas mesuré par le fait de gagner son point ou d’avoir tort. Il s’agit tout simplement de faire de l’argent. Faire de l’argent et avoir raison sont deux choses complètement différentes. Il y a tout plein de participants de marchés qui ont des opinions. Certains utilisent leurs opinions pour faire des prédictions et des prévisions. Il s’agit de décompter toutes les lettres financières ou les articles que l’on retrouve dans la presse. Ils ont un talent très développé pour attirer votre attention en titillant votre émotivité. Est-ce que vous devriez y considérer assez d’importance pour justifier des transactions ?

Voici quelques idéologies qui encadrent notre travail journalier et que nous essayons de suivre lorsque nous gérons vos portefeuilles :

Une fonction de probabilité

Il est très facile d’émettre toutes les opinions du monde lorsque rien n’est en jeu. Cependant, puisque nous travaillons avec du vrai argent, il nous est impossible d’avoir raison en tout temps et il nous est impossible d’effacer nos erreurs, nous devons les considérer dans l’équation. Pour ce faire, nous devons prendre en considération le coût et la fréquence de nos erreurs et les profits rattachés à nos bons coups. Tout compte fait, nous travaillons avec une fonction de probabilité et non une dichotomie entre le tort et la raison.

Nous n’y sommes pas dans le but d’impressionner

Nous aimerions mentionner quelques citations intéressantes de Warren Buffet.

  • « Il ne s’agit pas d’être un scientifique en aérospatial. L’investissement n’est pas un jeu auquel un QI de 160 bat un QI de 130.»
  • « Si vous faites affaires en finance des marchés et que vous avez un QI de 150, vendez 30 points à quelqu’un d’autre. »

Warren Buffet et Charlie Munger ont souvent argumenté qu’un quotient intellectuel très élevé peut être un frein au succès en investissement. Tout spécialement lorsque ces cerveaux servent à générer des modèles mathématiques complexes dont l’objectif est de prédire le futur. La mathématique est si magnifique qu’elle procure aux génies une fausse confiance qui finit par les piéger. L’échec de Long Term Capital Management, une firme qui employait des lauréats du Prix Nobel pour gérer l’argent, a été si cinglant qu’il a été la source de la crise financière de 1998 et a presque causé l’anéantissement des systèmes financiers globaux. Warren Buffet a commenté l’affaire en expliquant que : « cela arrive juste à ceux qui ont un QI très élevé. Ceux d’entre nous avec un QI de 120 ne craignent rien ».

Aucun intérêt pour les théories de conspiration

L’Internet et les médias sociaux sont bourrés de toutes sortes d’histoires d’épouvante qui cherchent à disséminer que les investisseurs se feraient flouer. Plutôt que d’investiguer la vraie raison derrière des insuccès en investissement, certains préfèrent ventiler leur frustration en essayant de dépeindre le petit investisseur comme le dindon de la farce. On parle de manipulation de marché, de conspirations de la part de la Fed, de statistiques mensongères et plusieurs autres fabulations. Aucune de ses chimères ne peuvent être prouvées mais elles apeurent les investisseurs. Cela aide à vendre des lettres financières et attire l’attention sur les médias sociaux.

Ceux qui ont une longue mémoire savent que ces théories de conspiration font partie du décor financier depuis toujours. Si on devait analyser leur véracité, on conclurait probablement que 90% des histoires sont tout simplement sans aucun fondement. Probablement que les 10% restant pourraient être plausibles mais sur des fondements qui sont faux.

Il n’y a aucune certitude en investissement

Pendant le déroulement du Brexit, nous avons entendu des experts nous expliquer que le marché descendait à cause de « l’incertitude ». OK d’abord ! Alors que s’est-il passé pendant les trois derniers jours de juin (28, 29 et 30 juin) ? Est-ce que le monde est devenu plus certain qu’il l’était les 24 et 27 juin? Bien que ces idées frôlent la foutaise, ces commentateurs affectent très sérieusement les gens et peuvent causer des dommages importants. Depuis quand avons-nous de la certitude dans les marchés ?

Quiconque utilise le mot certitude accompagné des termes performances futures de marché est tout simplement un charlatan. En investissement comme dans la vie en général, l’utilisation des mots « toujours » et « jamais » est à proscrire puisqu’ils peuvent être excessivement dangereux.

Les idéologies nous importent peu

Il n’y a pas de place pour les idéologies en investissement. Le marché se fout de vos allégeances politiques. L’unique but de l’investissement est de faire un rendement raisonnable à long terme. Bien sûr, cela ne nous empêche pas de nous plaindre de l’hypocrisie des politiciens, ni d’avoir des convictions sociales et de croyances politiques. Par contre nous travaillons très fort pour mettre de côté nos croyances afin qu’elles n’affectent pas notre jugement lorsque nous prenons des décisions d’investissement. La connaissance et les processus devraient toujours être à l’avant-plan dans la méthodologie d’investissement.

 

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Nous aimerions apporter un changement au format de nos lettres trimestrielles. Dans le but de raccourcir la période entre la réception de votre rapport trimestriel et la fin du trimestre, nous aimerions pouvoir écrire des lettres plus courtes. Cependant, nous écririons plus souvent au cours de l’année. Comme cela, nous pourrions communiquer avec vous lorsque nous avons des idées et des faits intéressants à partager, au lieu d’attendre à la fin du trimestre.

Nous vous invitons à commenter cette nouvelle initiative.

En vous souhaitant un bel été.

L’équipe Claret