« Quand viendra le temps d’acheter, vous ne voudrez pas le faire » (Doug Kass)

Lettre Trimestrielle

Il a suffi d’un tout petit virus pour mettre fin au « marché haussier qui perdurait sans faille depuis une décennie ». Et voilà que nous nous réveillons pour constater à quel point le monde entier est interconnecté grâce à la mondialisation des échanges, des communications et des transports à la suite des restrictions de voyages et de confinement imposées par une succession de pays, l’un après l’autre, pour contenir la propagation de la maladie.

 

QUE SAVONS-NOUS?

Nous vous ferons grâce de notre opinion en ce qui concerne la situation médicale ou épidémiologique relative au virus. Comme nous ne sommes pas des scientifiques, tout ce que nous pourrions avoir à dire à ce sujet ne serait probablement que supposition.

Cependant, les conséquences économiques seront vraisemblablement assez graves :

  • Le chômage va grimper en flèche à court terme en raison des règles de confinement.
  • Il y aura certes une reprise, mais celle-ci prendra probablement plus de temps que tous ne l’espèrent. Comme la reprise est fondée sur l’hypothèse que les gens retourneront à leur vie normale, elle s’effectuera de façon beaucoup plus graduelle en raison de l’insécurité perçue et de la distanciation sociale. Elle sera aussi probablement inégale, car les différents secteurs d’activité sont touchés à des degrés différents : nous doutons que les amateurs de sport se précipitent à nouveau dans les stades comme si de rien n’était.
  • Tant que nous ne disposerons pas d’un vaccin qui assure l’immunité (probablement dans les 12 à 18 mois à venir), il est difficile d’envisager que la vie reprendra son cours normal d’avant la COVID-19.
  • Au fur et à mesure que de nouveaux médicaments antiviraux deviendront disponibles, la peur s’estompera, mais la prudence restera de mise jusqu’à la disponibilité d’un vaccin procurant une immunité complète.

 

QU’EST-CE QUE CELA SIGNIFIE POUR L’INVESTISSEMENT?

La plupart des choses que vous lisez et entendez aujourd’hui ne sont qu’opinions ou suppositions. Elles sont soit optimistes, soit pessimistes, car l’auteur peut choisir d’accorder plus ou moins de poids aux données disponibles pour justifier sa conclusion. Nous sommes tombés sur ce bijou lors de nos lectures récentes: « De nos jours, tout le monde a les mêmes données concernant le présent et la même ignorance concernant l’avenir. » Cette citation n’est pas très loin de la vérité.

Nous ne pensons pas avoir de connaissances supérieures quant aux perspectives concernant le virus, les conséquences pour l’économie ou l’orientation des prix du pétrole. Cependant, nous pensons pouvoir proposer quelques réflexions sur la manière dont les investisseurs devraient se comporter dans le contexte actuel.

  1. Personne ne peut dire si c’est le moment d’acheter, parce que personne ne le sait.
  2. « Quand viendra le temps d’acheter, vous ne voudrez pas le faire » (Doug Kass). C’est probablement la déclaration la plus juste que nous ayons trouvée au cours de notre carrière d’investisseur qui s’étend sur près de quatre décennies. Le meilleur moment pour acheter quelque chose est généralement celui où personne n’en veut. Les raisons qui font qu’un titre est si peu désiré affectent les autres autant qu’elles vous affectent. C’est pourquoi il est si difficile d’acheter à bas prix. Comme la plupart des investisseurs qui réussissent le mieux le savent, « tout bon placement commence par un certain inconfort ».
  3. Investir dans des certitudes relève de la chimère : si c’était possible, tout le monde serait riche.

 

REPOSITIONNEMENT STRATÉGIQUE

Nous pensons que l’investissement ce n’est pas toujours une question de répartition d’actif, de choix entre actions et obligations, entre valeurs domestiques ou étrangères, grandes et petites capitalisations, ou croissance et valeur. Ce qui importe le plus est de trouver un équilibre entre le dynamisme et la prudence en fonction des conditions qui prévalent et de l’environnement.

Comme vous l’avez sans doute remarqué au cours des 50 derniers jours, l’environnement a beaucoup changé :

  • les risques de l’environnement sont reconnus;
  • les rendements futurs sont devenus plus attrayants : le rendement des obligations à rendement élevé joue  autour de 8 % ou 9 % contre un rendement presque nul pour les obligations du gouvernement fédéral;
  • les cours des actions ont reculé; certains secteurs et certains titres sont en baisse de plus de 50 %;
  • les investisseurs sont bloqués; le financement s’est tari.

Dans les circonstances actuelles, nous pensons que c’est le moment idéal pour adopter une démarche plus dynamique et se repositionner sur les « essentiels » et les entreprises de qualité à des prix très réduits.

 

ATTENDRE DE TOUCHER LE FOND…

…serait une mauvaise stratégie car le fond, par définition, ne peut être reconnu qu’une fois atteint. En outre, nous ne pouvons acheter les titres que nous voulons que lorsqu’ils sont soldés (c’est-à-dire que tout le monde veut les vendre). Atteindre le creux signifie aussi qu’il ne reste plus de vendeurs à qui l’on peut acheter une bonne quantité de titres et, donc, que les prix vont probablement remonter rapidement. Comme le dit le vieux dicton : « La perfection est l’ennemi du bien ». L’objectif d’un investisseur doit consister à faire une succession de bons achats, et pas seulement quelques achats parfaits. Dans la vie en général, nous achetons un actif lorsque nous pensons que le prix est attrayant, et non pas lorsque nous croyons qu’il a touché le fond…

 

RÉÉQUILIBRAGE PROGRESSIF

Pour les prochains moins, notre stratégie sera bien entendu une stratégie d’ajustement progressif et non de tout ou rien. À mesure que nous trouverons des titres sous-évalués, qu’il s’agisse d’actions ou de titres à revenu fixe, nous les ajouterons aux portefeuilles, et nous éliminerons ou réduirons ceux qui nous semblent avoir un potentiel moindre à long terme.

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Pour les clients qui doivent retirer des fonds de leur FERR, notez les changements qui ont été annoncés récemment :

Le 18 mars 2020, le gouvernement fédéral a annoncé qu’il réduisait de 25 % les taux de retrait obligatoire d’un FERR pour 2020 en réponse à la pandémie de COVID-19.

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Prenez toutes les précautions qui s’imposent pour rester en sécurité et en santé durant cette période sans précédent.

Les circonstances nous portent à réfléchir et apprécier la chance que nous avons d’exercer un métier que l’on aime ainsi que d’exprimer toute notre reconnaissance envers vous, nos clients, et envers tous nos employés qui travaillent si fort tous les jours, à distance, tout en prenant soin de leurs proches.

L’équipe Claret