Un désastreux trimestre pour les marchés mondiaux

Lettres Trimestrielle

Nous avons eu tort de croire que le dernier trimestre de 2000 serait le pire. Le premier trimestre de 2001 s’est avéré être encore plus désastreux pour les marchés mondiaux. L’indice TSE 300 baissait de près de 15%, le S&P 500 de 12.11%, tandis que le Nasdaq fléchissait de 25.5%! Le secteur technologique (plus particulièrement le domaine de la télécommunication) a été totalement décimé avec ses prétendus vedettes en baisse de 70 à 90% de leur plus haut niveau.

Les taux d’intérêts en Amérique du nord sont demeurés assez stables ce premier trimestre. Nous voudrions préciser que la courbe de rendement est de retour à sa forme normale, c’est-à-dire légèrement inclinée vers le haut pour les taux à long terme. L’histoire nous a souvent démontré qu’une courbe inversée (taux à long terme inférieurs aux taux à court terme tel qu’en 1999-2000) est un signe précurseur d’une récession ou tout au moins d’un ralentissement économique. De l’autre côté, une courbe ascendante est un signe précurseur d’une reprise économique. Tel que prévu, la réserve fédérale américaine (La Fed) a baissé ses taux d’un autre 50 points de base (0.50%) en avril. Nous nous attendons à des taux encore plus bas cet été puisque l’économie semble encore ralentir.

Le dollar canadien s’est déprécié de $1.4991 à $1.5766 et se transige maintenant à $1.5411. Aussi longtemps que le gouvernement canadien continue ses programmes socialistes, le dollar canadien devrait rester faible, quoique sous-évalué. L’Euro a repris sa tendance à la baisse et a terminé le trimestre à $0.8767. Pour l’Euro, le problème est beaucoup plus structurel. Cela prendra du temps avant que l’Europe puisse défier les Etats-Unis en temps que puissance économique. Par exemple, la banque centrale européenne voudrait que l’Irlande élève ses impôts pour les apparier avec ceux des autres pays du continent afin de niveler les niveaux économiques: une stratégie qui ne renforcera certainement par l’Euro. Nous attendrons donc un événement catalyseur qui provoquera un changement important en Europe. Pour l’instant, nous sommes très sélectifs quant à nos choix d’investissements en Europe.

Le prix du pétrole a oscillé entre US$26 et US$28. Avec une économie qui s’affaiblit, le prix du baril baissera. L’OPEC a été assez discipliné pour garder un bon contrôle sur leur niveau de production de pétrole. Un grand défi se présente à eux : comment l’OPEC réussira-t-elle à gérer sa production de pétrole suite à un ralentissement économique causé en partie par un prix du baril trop élevé?


Veuillez s’il vous plaît vous référer à l’évaluation de portefeuille dans la prochaine section pour une liste complète des titres que vous détenez. Vous y trouverez un rapport des transactions qui inclut une description des titres achetés lors du dernier trimestre.


Maintenant que nous sommes bien ancrés dans ce marché baissier (défini par une baisse de plus de 20% de l’indice S&P 500), nous avançons l’idée qu’il est temps de regarder vers l’avant et voir s’il y a de la lumière au bout du tunnel. Et nous sommes optimistes suite à la sortie de certains indicateurs statistiques :

1. La durée du marché baissier (« bear market »)

Les statistiques nous indiquent que les marchés baissiers durent entre 10 et 18 mois, avec une moyenne de 13 mois. Cette baisse a commencé en mars 2000 et a déjà dépassé la moyenne. De plus, plusieurs titres ont entamé leur descente bien avant mars 2000.

2. Les conditions monétaires

La Fed a baissé les taux quatre fois de suite entraînant une hausse de liquidité disponible pour le marché boursier. Comme on dit sur Wall Street, « n’allez pas contre la Fed après qu’elle ait baissé les taux trois fois ».

3. L’encaisse dans les fonds mutuels

Les liquidités sont aux marchés haussiers ce que le sang est pour Dracula. Et de la liquidité, il y en a présentement partout. Par exemple, les liquidités représentent 15.8% de la valeur totale des actions de la bourse de New York – le plus haut niveau depuis le marché baissier de 1990. Depuis 1980, les hausses annuelles moyennes des actions ont été de 18.2% pour l’indice Dow Jones chaque fois lorsque le ratio liquidité/capitalisation boursière des titres de la bourse de New York était plus élevé que 13.07%.

Le fait est qu’avec la réserve fédérale américaine baissant les taux et un marché boursier à des nivaux d’évaluation plus réaliste, nous avons probablement vu le pire. Les marchés tendent à renverser leur tendance au moment de pessimisme le plus élevé. N’avez vous pas entendu parler récemment de plusieurs licenciements, de faillites, de récession, d’absence de visibilité dans les profits de compagnies, d’analystes soudainement nous recommandant d’être prudent en abaissant leur prévision …

Avec toute cette information, que planifions-nous d’acheter? Comme d’habitude, nous sommes constamment à la recherche de compagnies bien gérées dans une industrie possédant un bon taux potentiel de croissance. Nous aimerions cependant partager avec vous quelques pensées quant aux prochaines années:

  1. Bien que le ratio cours bénéfice (C/B) de l’indice des grandes capitalisations S&P 500 ait diminué à 24-28 fois, ce ratio demeure élevé par rapport à celui du S&P de capitalisations moyennes (14 fois). Il semble donc que les compagnies de plus petite taille se transigent à un ratio cours bénéfice très raisonnable tandis que le ratio des grandes compagnies est encore élevé.

  2. Une récession classique est généralement causée par un excès de capacité de production et par conséquent, de biens fabriqués. Il faut alors attendre que la demande finisse par rejoindre l’offre avant que l’économie reprenne sa croissance. Dans le passé, la demande des biens fabriqués (c.-à-d. automobiles, réfrigérateurs, maisons …) a tendance à croître de 3-4% par année. Cependant la demande des biens liée à la technologie et télécommunication croit de 10-15% par année. Se pourrait-il qu’une récession causée par un excès de production de biens technologiques se résoudrait-il plus rapidement? Compte tenu des observations, nous pensons sérieusement que ce soit le cas.

  3. Nous croyons que sur le court terme, il n’existe pas de relations fondamentales entre le prix du titre d’une compagnie et sa valeur intrinsèque. Par contre, à long terme, cette dernière est très bien reflétée sur le marché. Par conséquent dans nos analyses fondamentales nous concentrons nos recherches à trouver un niveau d’évaluation économiquement raisonnable pour chaque compagnie. Nous ne prétendons pas avoir la solution unique quant à la sélection d’un titre. Cependant nous sommes très à l’aise avec nos modèles que nous maîtrisons bien et qui ont fourni des résultats consistents.

En tant qu’investisseurs à long terme durant ces moments où les marchés sont incertains et volatiles, il est rassurant de savoir que l’on peut se fier à nos modèles d’évaluation bien rodés.

L’Equipe Claret