Un marché passablement tranquille

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Les derniers mois ont été la scène d’un marché passablement tranquille considérant la panoplie d’évènements qui se sont déroulés : l’escalade des tensions dans le Moyen-Orient (l’Irak et les bombardements en Arabie Saoudite), la surchauffe de l’économie chinoise (le gouvernement en place a haussé les exigences au niveau des réserves bancaires) et la situation en Russie (le gouvernement jette ses milliardaires en prison pour des soit disant fraudes fiscales).

Une fois encore, le tableau ci-dessous dresse en sommaire la performance des indices pour le deuxième trimestre et la première moitié de l’année 2004.

  2ième trimestre 1er semestre
  Monnaie locale Dollars canadiens Monnaie locale Dollars canadiens
S&P/TSX (CAN) - 0.47% - 0.47% + 3.95% + 3.95%
S&P 500 (U.S.) + 1.30% + 3.12% - 0.18% + 2.58%
Nasdaq (U.S.) + 2.69% + 4.52% + 2.22% + 5.04%
Europe (Euro) + 1.51% + 2.36% + 4.64% + 4.16%
Nikkei (Japon) + 1.22% - 1.26% + 11.07% + 12.52%

Les économies nord-américaines se portent bien en dépit des inquiétudes créées par la fluctuation du cours du pétrole. Le revenu des consommateurs s’accroît à un rythme sain, justifiant ainsi la croissance des dépenses. Bien qu’il soit très bas, le taux d’épargne a été généralement stable au cours des quatre dernières années. Contrairement à l’opinion publique, les dépenses des consommateurs n’ont pas été uniquement financées par la croissance de la dette et des prêts sur l’équité résidentielle comme certains économistes nous portent à croire.

Le dollar américain a été relativement stable vis-à-vis les principales devises. À l’approche des élections présidentielles américaines, nous serons probablement témoins d’une hausse de la volatilité du cours du dollar U.S. mais nous ne croyons pas que le dénouement en affectera les données fondamentales qui en définissent le cours. Au fur et à mesure que l’Asie prend une part plus importante dans l’économie mondiale, l’importance relative de la devise américaine sera modifiée. Il s’agit cependant d’une tendance à long terme qui prendra des décennies à se matérialiser. Entre-temps, même si nous demeurons modérément baissier sur le cours de la devise américaine, nous croyons toujours fermement au dynamisme de l’économie américaine et à la force qu’apporte son infrastructure à long terme.

Les évènements qui se déroulent présentement au Moyen-Orient sont très controversés mais le dénouement de cette saga affectera directement le niveau de croissance économique mondiale. C’est notre devoir d’adresser cette situation.

Le cours du pétrole a été extrêmement volatile dernièrement. En Irak, les terroristes font sauter sans discrimination individus et pipelines sur une base journalière. Nous nous demandons tous comment toute cette histoire va se terminer. Les membres de la presse sympathique à la cause anti-guerre blâment les Américains d’avoir créé de toute pièce ce marasme. Quoi qu’il en soit, si l’on prend le temps d’analyser les statistiques et faits historiques, on réalise que bien qu’il soit très facile de pointer du doigt les Américains, les dirigeants arabes portent aussi leur part du blâme. En concentrant la richesse dans l’aristocratie, ils condamnent le peuple à la pauvreté. Cette pauvreté provoque la naissance de tous ces mouvements fanatiques dont le but premier est la destruction. Pourtant, ce n’est qu’au Moyen-Orient qu’on retrouve des ressources naturelles ayant le potentiel d’étancher la croissante soif mondiale pour le pétrole. Si l’on devait comparer le Sud et l’Est asiatique avec le Moyen-Orient, qui aurait pu prédire, il y a 50 ans, que l’Asie deviendrait une des plaques tournantes de l’économie mondiale alors que c’est le Moyen-Orient qui possède toute cette abondance de richesses naturelles. Avec toutes les capacités pétrolières et les richesses qu’en résulte leur exploitation, l’Arabie Saoudite aurait dû faire éclore le désert comme une rose. Au lieu de cela, le revenu per capita ne représente plus qu’un tiers de ce qu’il était en 1982. Dans la majeure partie du monde arabe, nous ne pouvons que constater des systèmes d’éducations déficients et des économies non-fonctionnelles. C’est un résultat tragique.

Les élections canadiennes sont maintenant choses du passé et elles se sont déroulées sans grande surprise. Pour un étranger, le Québec reste toujours l’endroit le plus énigmatique du Canada. Alors que les Québécois ont décidé de demeurer à l’intérieur de la Confédération lors de 2 référendums en 2 décennies, il est difficile de comprendre pourquoi un parti séparatiste a été mandaté au fédéral alors que ce dernier n’étant pas inclus dans le gouvernement n’a donc pas les moyens de bien représenter les intérêts québécois. Serait-ce possible que le mouvement séparatiste reprenne de la vigueur et qu’un autre référendum soit à prévoir? Nous ne connaissons pas la réponse à cette question. Nonobstant les allégeances politiques de chacun, un gestionnaire de portefeuille se doit de suivre de proche cette situation de façon à ajuster la stratégie quant à la portion canadienne des investissements.


Nous n’avons pas changé notre fusil d’épaule quant à l’évaluation des marchés boursiers. Le secteur des technologies semble toujours dispendieux selon nos analyses quantitatives et le risque d’une correction majeure assombrit toujours les perspectives du secteur. Les taux d’intérêt ont amorcé une tendance haussière provoquée par la modification de la politique de la banque centrale américaine. La Fed a haussé son taux directeur d’un quart de point comme première manœuvre d’une démarche de hausse successive qui se déroulera lors des prochains 18 à 24 mois.

Comme vous l’avez sans doute remarqué, nous n’avons pas fait d’investissement significatif lors du dernier trimestre. Bien que détenir du « cash » ne soit pas notre but en tant que gestionnaires de portefeuilles, nous n’avons pas trouvé beaucoup d’actifs qui se qualifient dans notre modèle et nous ne voulons pas abaisser nos critères de sélection afin de nous forcer à investir le capital. Warren Buffett, dans son rapport annuel de 2003, a écrit : « Notre capital est présentement sous-utilisé. C’est une situation qui se présente occasionnellement. Cette situation n’est pas plaisante mais elle est loin d’être aussi insoutenable qu’un investissement stupide ».

Vous vous demandez sûrement pourquoi nous ne vendons pas certaines de nos positions considérant notre avis qu’une correction est à venir. Il y a deux côtés à notre réponse.

Premièrement, nous ne pouvons pas prétendre de savoir avec certitude quelle direction le marché prendra dans le futur. Nous ne faisons que parcourir notre base de données et noter que les titres ne sont pas bon marché. Ils peuvent cependant rester chers longtemps encore. On n’a qu’à se rappeler le marché de 1999-2000.

Deuxièmement, le passé nous sert de leçon et nous a enseigné à être très prudent lorsque nous liquidons une position pour une raison autre que :

  1. une évaluation vraiment excessive,
  2. une baisse de la valeur intrinsèque de l’entreprise,
  3. que l’occurrence d’une opportunité alternative que nous croyons tout simplement trop bonne pour passer.

Dans presque tous les cas, nous ne croyons pas que ces circonstances s’appliquent à nos titres.

La citation suivante, qui résume bien notre pensée, d’un gestionnaire de portefeuille légendaire, nous servira de conclusion : « L’évaluation élevée est l’ennemie des bons rendements sur investissement. Si vous ne croyez pas ça, vous devriez poursuivre une carrière dans les ventes plutôt que dans les mathématiques! »

L’équipe Claret.