Un suivi sur nos présentations du mois de mai

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En mai, Claret a fait sept présentations auxquelles plusieurs d’entre vous ont participé. Nous tenons à vous remercier de votre appui et pour vos questions. Nous espérons que nos réponses ont été claires et franches. Dans l’intérêt de tous, et en particulier de ceux qui n’ont pu être présents, nous profiterons de ce bulletin pour préciser notre pensée et pour répondre de façon plus détaillée à certaines questions qui ont été soulevées lors des présentations.

QUESTION 1

Trump, l’ALENA, le libre-échange et le protectionnisme

Bien entendu, l’attitude du président Trump envers les enjeux commerciaux et son penchant pour le protectionnisme font partie de bien des conversations. L’histoire nous montre que, pendant presque tout le 19e siècle (les années 1800) et durant la première moitié du 20e siècle (jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale), les États-Unis avaient adopté le protectionnisme comme politique nationale. Ce n’est qu’en 1945 que des politiques d’ouverture commerciale ont été mises en place.

Alors que chacun a son opinion à propos de M. Trump et ses « gazouillis », nous nous pencherons sur les marchés financiers durant les périodes où le protectionnisme régnait en maître. Voici ce que nous pouvons constater :

  • La Première Guerre mondiale a provoqué un courant isolationniste. En 1922, le Congrès a adopté une loi tarifaire au nom de la protection des agriculteurs et de la création d’emplois pour les combattants rentrant au pays. En parallèle la même année, le marché boursier – l’indice Dow Jones – amorçait un cycle haussier qui a culminé en 1929…
  • En 1981, des mesures protectionnistes ont été mises en œuvre pour aider le secteur automobile. Alors qu’un contexte économique difficile dévastait Détroit, le plus important marché haussier de l’histoire a vu le jour et a duré près de 20 ans…
  • Le protectionnisme n’est généralement pas le principal déclencheur d’un marché baissier.

Nous ne pouvons pas connaître avec certitude le résultat des guerres commerciales à court terme, mais nous croyons qu’à long terme, elles seront préjudiciables aux économies du monde. On peut cependant affirmer qu’essayer de déterminer quelles seront les répercussions du protectionnisme pour les marchés financiers n’est qu’une démarche futile – il faut plutôt se concentrer sur la valorisation des entreprises qui se veut une variable beaucoup plus importante pour avoir du succès en investissement.

QUESTION 2

Les fonds Claret en gestion commune et leurs avantages

Un fonds en gestion commune, ou fonds commun, est une structure d’investissement selon laquelle une fiducie est créée pour détenir un portefeuille de titres. La fiducie est répartie en parts, dont chacune représente une partie individuelle d’un portefeuille dans son ensemble. Ainsi, chaque fois que des parts de cette fiducie sont vendues (ou achetées), c’est l’équivalent de vendre (ou acheter), toutes les positions détenues en portefeuille et avec les bonnes proportions.

 

La notion de fonds en gestion commune ou de fonds communs est en général bien fondée : ils offrent l’avantage d’une diversification sectorielle et régionale ainsi que par catégorie d’actif, le tout moyennant un coût très faible. Malheureusement, de nombreuses institutions financières ont choisi de rendre leur structure complexe et opaque, et il n’est souvent pas facile d’y repérer tous les frais qu’elles chargent aux investisseurs – frais de gestion élevés, commissions de négociation, écarts de prix, droits de garde et autres. Parfois ces frais sont versés à différents services de la même institution qui vend les fonds aux investisseurs, et souvent les plateformes des fonds sont sous le contrôle de très grandes institutions comme des banques ou des assureurs. La possibilité d’un conflit d’intérêts est donc évidente mais jamais évoquée.

Les divers fonds de Claret ont été créés dans le seul but de répondre aux besoins de nos clients en ce qui a trait à la diversification et à l’économie des coûts :

  • Il n’y a pas de frais de gestion à même les fonds puisque vous nous avez déjà confié un mandat de gestion et que vous nous versez des honoraires à cette fin;
  • Il n’y a pas de frais administratifs ou d’honoraires d’audit imputés aux fonds, comme Claret absorbe tous les coûts à l’exception des frais de transactions de titres;
  • Tous les fonds reposent sur les processus de recherche de Claret ou les contrôles a posteriori de performance à long terme.

Nous avons créé plusieurs fonds d’actions, un fonds de titres à revenu fixe et un fonds d’actifs alternatifs. Votre gestionnaire peut ainsi élaborer un portefeuille optimal, même pour vos plus petits comptes qu’il s’agisse d’un CELI ou même un REEE, qui correspond à vos objectifs de placement.

À mesure que notre recherche progressera, nous mettrons tout en œuvre pour améliorer les fonds actuels et en créer de nouveaux qui satisferont nos critères de performance et d’exposition au risque.

De nombreuses questions ont été soulevées durant les présentations concernant la retraite prochaine de certains de nos clients, la conversion d’un REER en un FERR et la stratégie que nous comptons adopter afin de gérer les retraits fréquents sans mettre en jeu les objectifs à long terme, permettant de dégager un rendement raisonnable sans prendre de risques indus.

Comme vous le savez, les REER sont conçus pour accumuler des fonds en vue de la retraite, les FERR, pour en retirer. Bien que vous puissiez convertir un REER en un FERR en tout temps (de telles conversions ont généralement lieu uniquement lorsque vous savez qu’il vous faudra tirer des liquidités annuelles du compte), votre REER doit être transféré à un FERR durant l’année au cours de laquelle vous atteignez l’âge de 71 ans et les retraits débutent l’année suivante. Pour la plupart de nos clients, l’horizon prévisionnel est encore jugé à long terme puisque la plupart vivront encore 15 ou 20 ans de plus s’ils atteignent l’âge de 71 ans. Or, même si les objectifs de placement ont peu varié, le besoin de gérer les décaissements revêt désormais une plus grande importance.

Une bonne diversification constitue l’un des grands défis : à mesure que les fonds seront retirés, nous devrons vendre une petite partie de chaque position à la fois, une façon très peu efficace de gérer le solde du compte, surtout en ce qui concerne le volet à revenu fixe. Même sur le plan des actions, il deviendra plus difficile de gérer des positions de plus en plus petites si l’on pense aux frais d’opérations et aux écarts cours acheteur et vendeur par titre. Pour être en mesure de conserver un portefeuille bien diversifié, votre gestionnaire pourra maintenant choisir de recourir à une série de « fonds communs » créés par Claret pour vous aider à atteindre vos objectifs de la façon la plus efficace possible.

QUESTION 3

Comment composer avec un contexte de hausse des taux d’intérêt

Plusieurs d’entre vous ont observé que les taux d’intérêt semblent avoir atteint un creux et qu’ils recommencent maintenant à grimper, même si ce n’est que très lentement, et à partir d’un niveau très bas. La question est maintenant de savoir comment gérer son portefeuille dans de telles conditions.

Situons donc les choses dans leur contexte :

  • Bien que les taux semblent augmenter, ils n’atteignent pas un niveau auquel la hausse des coûts financiers qui en découlent est susceptible d’avoir un impact sur l’économie. Le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans (des titres d’État émis par le gouvernement américain) atteint à peine 2,9 %. Qui plus est, les gouvernements à l’échelle mondiale manipulent les taux depuis au moins 10 ans, à un point tel que nous ne savons même pas où devrait se situer le taux naturel;
  • À l’exception du Trésor américain, la plupart des gouvernements continuent de faire tourner la planche à billets, c’est-à-dire de créer plus d’argent en rachetant leurs propres obligations, ce qui exerce une pression à la baisse sur les taux d’intérêt;
  • Une façon d’évaluer le marché obligataire et le marché boursier consiste à calculer le ratio cours-bénéfice (RCB) de chacun. Ce ratio représente essentiellement le nombre d’années qu’il faudra pour rembourser votre placement au moyen des revenus dégagés :
    • L’indice S&P500 se négocie à un RCB de 20, soit 20 fois les bénéfices actuels;
    • Le rendement de l’obligation du Trésor à 10 ans, représentatif du marché obligataire, s’élève à 2,9 %. En d’autres termes, pour un placement de 100 $, l’obligation verse 2,90 $ (des revenus d’intérêt, dans ce cas), ce qui équivaut à un RCB de 100 $ divisé par 2,90 $, ou 34,5 fois les bénéfices, soit presque deux fois plus cher que le marché boursier – sans offrir l’avantage de la possibilité de croissance des bénéfices.
    • Pour la plupart, les investisseurs pensent aux obligations d’État lorsqu’ils parlent de taux d’intérêt. Loin de nous de vouloir banaliser leur importance, mais il existe un vaste monde de produits à revenu fixe qu’on se doit d’envisager dans le cadre de la gestion d’un portefeuille, par exemple les obligations de sociétés de première qualité, les débentures à rendement élevé, les actions privilégiées, et plus encore. Utilisés judicieusement, ils peuvent non seulement profiter au volet à revenu d’un portefeuille, mais aussi offrir la possibilité d’un gain en capital à long terme.

Bref, la meilleure façon de s’en tirer dans un contexte de hausse des taux d’intérêt est de faire preuve de souplesse et d’ouverture d’esprit, d’éviter d’acheter des titres à revenu fixe d’une échéance trop lointaine, de privilégier le rendement à l’échéance, et d’assurer une diversification maximale (plus vous achetez de titres et moins vous serez exposé au risque de crédit pour chacun des titres, mieux ce sera). En ce qui concerne les actions, il est préférable d’éviter les secteurs sensibles aux taux d’intérêt – les services aux collectivités, les fiducies de placement immobilier et ainsi de suite. Rappelons-nous qu’une des raisons pour lesquelles les taux d’intérêt progressent est la vigueur croissante de l’économie. Nous devrions donc nous attendre à une croissance des bénéfices et à un repli des RCB sur le marché boursier, rehaussant son attrait par rapport aux titres à revenu fixe en général.

Un jour, si les taux grimpent trop, les produits à revenu fixe feront concurrence aux actions que détiennent les investisseurs, exposant de ce fait le marché boursier à des vents contraires. C’est à ce moment que nous adopterons une stratégie plus défensive.

QUESTION 4

Assistons-nous à une autre bulle technologique?

Il est assez difficile pour la plupart des investisseurs de percevoir une bulle lorsqu’elle se produit. En fait, la plupart ne se rendent compte qu’ils se trouvaient au cœur d’une bulle que lorsque celle-ci éclate. Selon une définition quelque peu simpliste, une bulle se crée lorsque le prix d’un actif donné (une société, un secteur d’activité ou le marché étendu) s’envole pour atteindre un niveau tel que les profits ne peuvent le justifier, même selon les projections lointaines les plus optimistes. À ce moment-là, les gens achètent parce qu’ils croient qu’un autre sera prêt à payer davantage dans un avenir éventuel – ce qu’on appelle la « théorie du plus idiot ».

Nous pensons que les marchés financiers créent constamment des microbulles – Tesla, le bitcoin et autres cryptomonnaies, et le secteur du cannabis figurent parmi les possibilités actuelles. Pour ce qui est du secteur de la technologie aujourd’hui, nous nous demandons s’il s’agit d’une bulle ou simplement d’une question de valorisations légèrement élevées :

  • Contrairement à la bulle de l’an 2000, les grandes sociétés de technologie font de l’argent maintenant. Certaines d’entre elles jouissent même d’un quasi-monopole, dégageant des marges et des liquidités extrêmement élevées. Pensons ici à Apple, à Google, à Facebook. Votre portefeuille n’investit peut-être pas dans ces titres. Si vous vous demandez pourquoi, c’est qu’ils s’échangent en ce moment à des multiples relativement élevés et pourraient ne pas correspondre à vos objectifs de placement et à votre profil de risque;
  • Nous nous demandons aussi s’il s’agit de sociétés de technologie pure et simple ou plutôt d’entreprises de biens de consommation ou de télécommunications ayant une expertise technologique. Même le S&P classe désormais Google et Facebook comme entreprises du secteur des télécommunications, et Amazon comme société du secteur du commerce de détail. Nous nous demandons pourquoi Apple n’a pas été reclassée – elle n’est manifestement plus une société de technologie mais bien un géant des biens de consommation.

Néanmoins, nous sommes conscients de la performance historique des actions en période de bulle. Au début de 2000, les titres des plus grandes sociétés de technologie à forte capitalisation aux États-Unis représentaient plus de 25 % de l’indice S&P 500 : Microsoft, Cisco, Intel, IBM, AOL, Oracle, Dell, Sun, Qualcomm et HP. Au cours des 18 années suivantes, pas une seule n’a devancé le marché. Cinq ont dégagé un rendement positif, progressant en moyenne de 3 % par année; deux ont carrément échoué, et cinq ont inscrit un rendement négatif annuel de 7 %, sous-performant le marché de 12 % par année.

De nos jours, les sept sociétés à plus grande capitalisation au monde sont : Alphabet (Google), Apple, Microsoft, Facebook, Amazon, Tencent et Alibaba, ces deux dernières étant des entreprises chinoises. Peuvent-elles toutes réussir à suffisamment justifier leur capitalisation boursière combinée de 4 300 milliards de dollars US? Elles présentent des multiples de loin inférieurs à ce que nous avons connu il y a 18 ans, mais continuer à enregistrer la croissance robuste nécessaire pour justifier leur capitalisation constitue une tâche monumentale pour elles. En outre, ces sociétés se trouvent en concurrence, dans certains cas directement, pour des parts du marché. Il y aura des gagnants et des perdants, et leur capitalisation respective en fera état. L’histoire nous montre qu’en fin de compte, les grands gagnants ne sont pas les investisseurs de ces sociétés de technologie, mais bien les utilisateurs des biens et services qu’ils produisent en profitent d’une productivité accrue.

Non seulement les bulles sont difficiles à cerner, il est encore plus difficile d’en profiter en raison de l’impossibilité de préciser leur durée et occurrence. Pour citer John Maynard Keynes : « le marché peut rester irrationnel plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable ». Un bon point à garder à l’esprit.

Nous comptons donc maintenir une démarche disciplinée misant sur la diversification et limitant l’exposition aux titres ayant des multiples exorbitants.

 

Un bel été à tous!

L’équipe Claret